Exploitation des ressources et sécurité en Indonésie

KOFF-Newsletter Nr. 64, 01. Februar 2008

http://www.swisspeace.ch/typo3/fileadmin/user_upload/pdf/KOFF/Newsletter/2008/64_f.pdf

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La première table ronde du KOFF consacrée cette année à l’Indonésie a montré pourquoi les conflits locaux étaient le plus souvent des conflits pour des ressources dans ce pays.

KOFFOratrice invitée, Marianne Klute a expliqué le contexte de l’octroi de concessions pour l’exploitation des forêts primaires indonésiennes par des sociétés industrielles à Sumatra, à Kalimantan et en Papouasie occidentale. Elle a aussi exposé comment la décentralisation en Indonésie créait les conditions légales permettant aux acteurs locaux de concevoir et de mettre en oeuvre leurs propres lois. Dans le même temps, c’est toujours l’État qui décide pourtant de la planification à grande échelle et de l’utilisation des ressources naturelles étant donné qu’il a la souveraineté sur les terres, les eaux et les forêts. Les droits fonciers des acteurs locaux sont régulièrement bafoués et aucun frein n’est mis à la déforestation illégale. De nouvelles entreprises économiques sont déjà en train de se répartir les dernières forêts intactes pour le commerce du charbon.

Second orateur invité, Ingo Wandelt a quant à lui expliqué la dimension de politique de sécurité d’un tel développement. L’armée indonésienne doit s’autofinancer dans une large mesure et elle est donc tributaire de revenus à l’échelon local. Ce lien entre tâches de politique de sécurité et intérêts économiques propres ne contribue de loin pas à la transparence: la lutte contre la terreur, les troubles et les insurrections est donc quasiment impossible à séparer de la préservation d’intérêts économiques. Par l’intermédiaire de ses commandos territoriaux, l’armée est également toujours présente comme acteur économique dans les zones d’utilisation des ressources. De plus, depuis Suharto, l’élite indonésienne a des rapports étroits avec l’armée par des liens de parenté et des liens traditionnels. Un contrôle indépendant s’avère donc quasiment impossible.

Les acteurs externes devraient analyser ces interconnexions dans leur contexte de travail et soutenir les acteurs locaux dans la reconnaissance des droits qui leur sont garantis. La réforme du secteur de la sécurité prévue de longue date offre une opportunité de désenchevêtrer des intérêts et des fonctions divers afin que l’armée et la police puissent assumer leurs tâches véritables et que la population parvienne à protéger son cadre de vie. 15.01.2008

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